Les risque d'une désaffection massive...

et d'une perte de confiance irréversible !

Page mise à jour le 04 mai 2022

Les défis à venir

La souveraineté d'Internet

Le premier défi et non des moindres auquel l'Internet est d'ores-et-déjà confronté, concerne sa souveraineté. Doit-elle (re)devenir nationale ou restée transnationale ? Cette souveraineté est pourtant aussi fondamentale que celles de la santé, l’éducation, la défense, les ressources de base ou l’énergie. En somme, l'Internet n'est pas et ne devrait en aucun cas devenir le pré carré d’une minorité de plateformes.

Évaluer rigoureusement l'impact écologique du Cyberespace

À l'heure où le Metavers(e) est dans de nombreuses têtes, il est plus que jamais impératif de faire le point sur l'impact réel du numérique dans nos vies (nature et santé), sur les programmes gouvernementaux de régulation en ce sens, et sur les mesures effectives qui sont et seront prises de la part de tous les professionnels du Cyberespace, grands et petits, pour empêcher que cette révolution majeure de l'Humanité ne se transforme en désastre écologique, politique et social.

Promouvoir la fin de l'anonymat entre éditeurs en ligne et utilisateurs

Le dirigeant d’une plateforme Web doit être tenu pour responsable devant la Loi de l’ensemble des contenus qu’il publie, tout comme l'est le rédacteur en chef d'un titre de presse. L'arsenal juridique est déjà existant. Il est donc inutile de se lancer dans une nouvelle vague de spéculations interminables sur les supposés vides juridiques.

Il s'agit ensuite d'engager la responsabilité du citoyen qui doit comprendre s'il ne le sait pas déjà, qu'il ne peut évidemment pas se comporter dans la rue comme il le ferait sur une plateforme Web. La distance et la virtualisation toute relative, n'excusent en rien le déchaînement de violence, la calomnie ou l’appel au meurtre.

De plus, la fin de l'anonymat ne s'oppose pas au droit à l’oubli qui devrait devenir le plus rapidement possible un droit inaliénable, inscrit dans la Constitution d'une nation démocratique.

Lever l'opacité sur les profilages

Les profilages anonymes doivent cesser. C'est à l'échelle d'un pays, une question de sécurité intérieure ou bien alors les gouvernements sont de facto complaisants. En ce cas, il s'agit de l'une des plus graves violations de la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies ou de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1789 (France), depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Mettre à terme aux violences actives et passives en ligne

Cette violence en apparence protéiforme, se repère et peut se segmenter. Elle peut être considérablement restreinte en réalité, de façon plus que prévisible. Les algorithmes ne sont pour l'heure, que très insuffisants ou beaucoup trop (et volontairement) limités.

Ce sont donc désormais des ressources humaines (publiques et privées), beaucoup plus importantes qui doivent être mises à disposition, afin d'intensifier et d'affiner la modération, à la seule condition que les responsables de la plateforme connaissent l'identité des utilisateurs, d'ailleurs eux-mêmes clairement et légalement prévenus.

Plus globalement, si l’on extrapole le débat, il est plus qu'urgent de déterminer qui doit dorénavant assumer l'éducation nécessaire au sens large du citoyen dans les sociétés démocratiques actuelles, pour se prémunir contre un Cyberespace toxique.

Simplifier les termes et conditions d'utilisation des solutions et produits numériques

Les termes et conditions d'utilisation de sites ou d'App. Web, doivent être impérativement simplifiées et clarifiées. Nul ne devrait être contraint de lire des dizaines de pages, ou bien il conviendrait alors de créer deux versions, une résumée mais fondamentale, l'autre plus approfondie et détaillée.

Renforcer la protection de la propriété intellectuelle et industrielle

Ce sujet, épineux voire idéologique, ne nous ôtera jamais de l'esprit que tout travail sérieux mérite salaire. Nul ne peut piller abusivement ce qui a été authentiquement créé et développé dans le respect des lois, par chacun d'entre nous. Le tout gratuit n'est qu'un leurre monumental. Nul ne peut non plus s'approprier ou retenir, ce qui revient normalement au domaine public. Une œuvre de Goya, tout du moins l'image qu'elle véhicule appartient à toutes et à tous, dès lors qu'elle est dans le domaine public. La rétention du savoir et freiner sa dissémination gratuite, constituent donc un crime.

Se prémunir contre l'Internet de la délation

L’auto-censure est-elle une mauvaise nouvelle pour Internet ? Oui, autant que pour les réseaux sociaux. L'expression démocratique qui s'étoufferait volontairement... et c'est une perte monumentale pour la qualité des échanges, la finalité d'Internet et plus globalement du Cyberespace.

Dans un autre registre, privilégier la délation hormis dans les cas de menaces terroristes ou de menaces imminentes graves de tout autre type, c'est se reposer abusivement et dangereusement sur l'Internaute.

Quant à la délation induite, feutrée et systémique des grandes compagnies nationales et internationales, l'État seul et unique détenteur des prérogatives régaliennes doit pleinement jouer son rôle de régulateur à l'encontre de toutes formes de discrimination.

Nul ne peut être au-dessus des lois.

Le danger bien réel de "Big Brother" et des dérives oligopoles

Le tout connecté pose le problème de la disparition du citoyen libre, de son individualité, pire de son intégrité physique et mentale. Une déclaration universelle des Droits imprescriptibles de l'homme existe pourtant depuis 1948 (Nations Unies). Le numérique n'y échappe pas. Il ne peut donc s'affranchir des traités et conventions internationales.

La victoire finale des grandes plateformes (GAFAM) ?

En cas de victoire de ce que certains considèrent être l'oligarchie du numérique, nous risquons l'appauvrissement généralisé de la biodiversité du Cyberespace, la mise à mort finale du concept de neutralité du Net et la confirmation de ce que beaucoup craignaient, celle d'un coup d'état à l'échelle mondiale (laisse numérique). Pourrait-on même parler en ce cas, de dérive mafieuse ?

La malédiction du "tout est faux"...

Il faut rétablir les conditions de restitution de la vérité factuelle, coûte que coûte, en armant et éduquant le citoyen-utilisateur contre toutes les formes de manipulations.

La traque des fake news n'est qu'un aspect de cette lutte. Ce phénomène n'est pas spécifique à l'Internet et ne date pas d'hier. Il existe d'autres menaces de cette nature, dont certaines émanent d’ailleurs directement des gouvernements.

Le risque d'une désaffection majeure si Internet ne devient plus que smoke and mirror, est bien réel. Sa crédibilité serait anéantie!

Si l'Internet se métamorphose définitivement en ce cheval de Troie que tout un chacun est en droit de redouter, un épuisement social et une lassitude restent à craindre, quant à une soumission par l'usure à ce dernier.

Un contrat sociétal (utilisateurs et acteurs) et politique (gouvernants et citoyens), doit être urgemment proposé afin de restaurer la confiance et d'encadrer les pratiques.

Dangers imminents

* L'Internet reste encore aujourd'hui une jeune technologie qui ne cesse de repousser très, voire trop rapidement les frontières, entraînant le risque d'une régulation majeure et brutale de la part des gouvernements, dans les mois et les années qui viennent.

* L'impact écologique de l'informatique, du Cyberespace et de la téléphonie mobile, constitue de plus une autre préoccupation très importante, aussi bien pour tous les acteurs du Web, que les États souverains.

* Les différents types d'addictions qu'entraînent les dépendances aux pratiques du numérique risquent de bouleverser sur le très long terme la biochimie même du cerveau et la physiologie du corps humain, un fait qui ne passe plus inaperçu aux yeux des autorités légitimes chargées de la santé publique.

* Il est urgent de procéder à une éducation à de multiples niveaux de l'utilisateur, afin de lui permettre d'acquérir une maturité numérique. L'équilibre entre réel et virtuel doit ainsi devenir la préoccupation de tous.

* D'un point de vue générationnel, la disparition du travail nécessaire de la mémoire sur le moyen et le long terme, au profit de la mémoire que l'on pourrait qualifier d’ultracourte, est une autre préoccupation majeure.

Pour conclure, le danger d'une contre-révolution numérique, motivée par le refus des carcans est tout à fait possible. Elle consisterait par exemple, comme effet, l'abandon de toutes dépendances au numérique, identifiées alors comme définitivement nuisible, tout comme le sont les moteurs diesel des véhicules.

Revue de presse

Presse

USA | 02 juin 2022
CNN / Chris Isidore
→ Elon Musk tells Tesla employees: Return to the office, or else


FRANCE | 23 avril 2022
Les échos / Derek Perrotte
→ Régulation du numérique : l'Europe en ordre de marche

→ SUITE

Éditions

Livres

LES BARBARES NUMÉRIQUES
Résister à l'invasion des GAFAM
Alain Saulnier
2022 / Éditions ECOSOCIETE
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GAFA
Reprenons le pouvoir !
Joëlle Toledano
Date de parution : 2020 / Éditions Odile Jacob
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STOP AUX RÉSEAUX SOCIAUX !
10 bonnes raisons de s’en méfier et de s’en libérer
Jaron Lanier
2020 / DeBoeck Supérieur
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L'HOMME NU
La dictature invisible du numérique
Marc DUGAIN, Christophe LABBÉ
2017 / Robert Laffont
→ En savoir plus

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